14 mars 2012


Aperçu de l'histoire romaine



A l’origine Rome était un simple village du Latium. Au temps de Massinissa et de Syphax, elle avait soumis les peuples de l’Italie jusqu’à l’Arno, au nord, et achèvera la conquête de la Gaule cisalpine (Italie du Nord) en 222 av. J.-C. Après sa première victoire sur Carthage, les Romains, conscients de leur puissance, poursuivront leur politique d’expansion. Guerre après guerre, ils édifieront un empire mondial, à la grande admiration de leurs contemporains et de la postérité, comme exprime l’historien grec Polybe : « L’Etat romain a pu, chose sans précédent, étendre sa domination à presque toute la terre habitée, et cela en moins de cinquante-trois ans. »… « [D’autres empires ont existé], les Romains, eux, ont forcé non pas quelques contrées, mais presque tous les peuples de la terre à leur obéir, si bien  qu’il n’est personne aujourd’hui qui puisse leur résister et que, dans l’avenir nul ne peut espérer les surpasser. »
La grandeur de Rome s’explique, selon lui, par l’excellence de ses institutions et la supériorité de son armée. Presque constamment en guerre, Rome possédait une armée d'une redoutable efficacité, la plus puissante de l'époque qui nous intéresse. Sa supériorité était due, selon des anciens, au patriotisme et à l'éducation militaire du Romain, à la discipline, à l'entraînement, à la qualité du commandement de la légion, ainsi qu'aux ressources démographiques de Rome et de l'Italie. Chaque année, en effet, les cités et les peuples d'Italie soumis à Rome (appelés « alliés ») lui fournissaient entre la moitié et les deux tiers des effectifs de l'infanterie et de la cavalerie. « Écrasante machine de guerre », l'armée romaine connut cependant de graves défaites. Mais, au grand étonnement de leurs ennemis, les Romains  refusaient de s'avouer vaincus et de négocier : ils comblaient facilement leurs pertes, même après un désastre, et reprenaient la lutte jusqu'à la victoire.

La légion romaine                                                                                                     
Une armée consulaire comprenait à l'origine quatre légions (deux légions pour chaque consul), nombre qui a augmenté selon les époques et l'importance des guerres (vingt-trois légions en 207 avant J.-C., pendant la guerre d'Hannibal). La légion comptait en moyenne trois mille fantassins lourds, répartis en trente manipules, mille deux cents fantassins légers (vélites) et trois cents cavaliers. La cavalerie était équipée d’une cuirasse, d’une lance et d’un bouclier. Les fantassins lourds (légionnaires) avaient pour armement défensif un casque à panache, une cuirasse ou une cotte de mailles, un bouclier long et des jambières ; pour armement offensif une épée assez courte, à double tranchant, un ou deux javelots d'une portée d'environ trente mètres. Les fantassins légers  se battaient sans cuirasse ; ils étaient équipés d'un casque, d'un bouclier, de plusieurs javelots et d'une épée à double tranchant.
L’ordre de bataille en rase campagne était généralement le suivant : la cavalerie prenait place aux ailes, les manipules de légionnaires au centre, séparés par des intervalles et disposés en forme d'échiquier. Les alliés italiens étaient placés aux extrémités du dispositif. Les légionnaires étaient échelonnés sur trois lignes : les hommes jeunes au premier rang ; les soldats dans la force de l'âge au deuxième, les plus anciens au troisième. Les fantassins légers  se déployaient en avant du front.
Le général adresse à ses soldats un discours d'encouragement, puis fait donner le signal du combat. L'artillerie intervient en premier : catapultes, balistes, archers et frondeurs entrent en action. Ensuite les vélites s'élancent vers l'ennemi. Arrivés à bonne distance, ils lancent tous ensemble leurs javelots, puis tirent l'épée et se battent au corps à corps. S'ils fléchissent, ils se replient à travers les intervalles des hastati (ceux du premier rang) : ceux-ci donnent l'assaut à leur tour : lancer du javelot, puis escrime à l'épée. S'ils ont le dessous dans le corps à corps, ils se retirent à travers les intervalles des principes (ceux du deuxième rang), qui chargent à leur tour. Pendant ce temps, les triarii (ceux du troisième rang) attendent, immobiles, un genou en terre, armés de la lance, couverts du bouclier. Ils combattent rarement, ils n'interviennent que si la situation est désespérée. Ils se relèvent quand les principes battent eux aussi en retraite, puis, avec les rescapés des deux premières lignes, ils chargent en rangs serrés. Le combat de cavalerie (aux ailes) a débuté en même temps que celui de l’infanterie. La cavalerie romaine bouscule et chasse les forces qui lui sont opposées et revient pour prendre à revers les lignes ennemies. Encerclés les ennemis prennent la fuite. Alors la cavalerie les poursuit pour les massacrer ou les capturer.

11 mars 2012

Carte de la Berbérie

Carthage, Rome et la Numidie

Aujourd’hui nous retrouvons la Numidie à l’époque historique. Nous avons déjà dit que les Berbères sont entrés dans l’histoire, grâce à leur participation à la deuxième guerre punique (entre Carthage et Rome). Deux grands historiens, le Grec Polybe et le Romain Tite-live, nous ont laissé chacun une histoire de Rome. Ils ont rapporté les événements qui se sont déroulés au cours de cette guerre et ont mentionné, entre autres, les différents alliés et adversaires des deux belligérants. Grâce à quoi, nous avons le privilège de connaître Syphax, Gaïa et son fils Massinissa.
La guerre finie, les Numides tombent dans l’oubli. Ils en émergeront quand les Romains débarqueront en Afrique pour détruire Carthage (troisième guerre punique). Polybe se trouvait au siège de Carthage dans l’armée romaine. Il connaissait Massinissa et ses trois héritiers. « Le grand aguellid » boudait les Romains, qui lui avaient dissimulé leurs intentions ; or il leur dissimulait lui-même le rêve qu’il nourrissait depuis longtemps : s’emparer de la Cité punique et en faire la capitale de son royaume. Il mourut l’année suivante (148 av.-C.) non de contrariété, mais de grande vieillesse. Ses fils Micipsa et Mastanabal restèrent sur la réserve. Seul Gulussa s’engagea à fond avec les Romains. Polybe et lui vivant dans le quartier général de Scipion Emilien, on se prend à rêver des faits, gestes et entretiens de ces hommes exceptionnels.
Nous allons vous présenter les deux puissances belligérantes, Carthage et Rome, puis les rois numides engagés dans la deuxième guerre punique.
Vous voyez, à l’est du royaume massyle, le territoire de Carthage. Cette cité fut fondée par des colons de Tyr (en Phénicie, côtes de l’actuel Liban), en 814 av. J.-C. (date traditionnelle retenue par les historiens). A la fois marins, explorateurs et commerçants, les Phéniciens se lancèrent sur les mers, dès 1200 av. J.-C., à la recherche de métaux et de nouveaux débouchés pour leur commerce. On sait que ces intrépides voyageurs ont abordé les îles Britanniques, fait le tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, plus de 2000 ans avant Vasco de Gama.
Ils s’établirent sur les côtes méditerranéennes depuis l’Orient (Chypre, Rhodes, Crète) jusqu’au détroit de Gibraltar et même au-delà. En Méditerranée occidentale, ils créèrent des colonies dans le sud de la Sicile, de la Sardaigne et Malte ; de nombreuses autres en Espagne, comme Malaga, Gibraltar, Cadix, ainsi qu’au Maroc, comme Tanger, Lixus (Larache) et Mogador ; en Tunisie, Utique, Hadrumète (Sousse) ; en Libye, Sabratha, Oea (Tripoli), Leptis Magna (Lebda).
A son tour, la Ville Nouvelle (c’est le sens de Qart Hadasht , Carthage) créa des comptoirs et des colonies sur le littoral du Maghreb, dans le sud de l’Espagne, les îles Baléares, l’ouest de la Sicile, le sud-ouest de la Sardaigne. Elle fit passer dans sa zone d’influence les fondations phéniciennes. A la veille de la première guerre punique, Carthage possédait sur la côte tunisienne plusieurs comptoirs, dont Kerkouane, Hadrumète (Sousse), Lemta, Thapsus, Mahdia. Sur le littoral algérien, Hippone, Collo, Alger, Tipasa (une colonie), Gouraya, Cherchell, les Andalouses, Rachgoun, etc. Au Maroc, Mellila, Tétouan, Tanger, Lixus.
Carthage devint la grande puissance maritime et commerciale du bassin occidental de la Méditerranée. Elle allait inévitablement se heurter à Rome, puissance montante, puisque, prétend un proverbe, deux crocodiles ne peuvent vivre dans le même marigot. Ce sera la première guerre punique (264-241 av. J.-C.) dite « guerre de Sicile », qui se termina par la défaite de Carthage et la perte de ses possessions siciliennes, de la Sardaigne et de la Corse.
Un point à souligner : Carthage capitula après la défaite navale des îles Aegates, alors qu’elle remportait des succès sur terre. Son sénat ne fut pas à la hauteur de celui de Rome, qui refusait de traiter en vaincu et poursuivait les hostilités.
Nous ne parlerons pas de cette première guerre car les rois numides n’y participèrent pas.

19 février 2012

Les Berbères des Îles Canaries

L’archipel des Canaries, composé d’îles et d’îlots éparpillés dans l’océan Atlantique, est situé à 115 km de la côte africaine, à 1000 km de la péninsule ibérique. Il comprend sept îles principales (Tenerife, Fuerteventura, Grande Canarie, Lanzarote, La Palma, Gomera, Hierro) peuplées par des Berbères sans doute depuis l’Antiquité.
Jusqu’au XIVème siècle, elles restèrent à l’écart des courants civilisateurs et commerciaux. Dans l’Antiquité et pendant le Haut Moyen Age, l’Archipel fut visité par des navigateurs phéniciens, carthaginois, arabes, gênois, portugais… L’expédition la plus célèbre est celle envoyée par Juba II, roi de Maurétanie (entre 25 avant J.-C. et 23 après J.-C). Le rapport de la mission conservé par Pline l’Ancien (Histoire naturelle, VI (36, 37) contient la description la plus précise des îles ainsi que le sens de « Canaries » : une île, dit-il, s’appelle « Canaria » à cause des chiens énormes qui s’y rencontrent. Le nom s’appliqua ensuite aux autres îles. Deux chiens figurent sur le blason des îles Canaries.
L’entrée en scène d’un étrange personnage sera le prélude de la colonisation européenne. Un gentilhomme normand au service du roi d’Espagne, Jean de Béthancourt, débarqua à Lanzarote en 1402, découvrant une population installée depuis très longtemps et vivant à l’âge de la pierre. Les « Guanches » -c’est le nom de ces insulaires- habitaient dans des grottes, ignoraient la navigation, la charrue et les métaux (par manque de gisement métallifère) ; ils avaient pour armes des javelots de bois et des haches de pierre. Jean de Béthancourt reçoit du roi de Castille le titre de « seigneur des Canaries ». Ce débarquement et les razzias continues des héritiers de ses droits féodaux aboutirent à la conquête de plusieurs îles et à l’anéantissement d’une partie de leurs habitants. Finalement Jean de Béthancourt vend l’archipel à la couronne de Castille et retourne en Normandie. Son neveu et successeur provoqua de nombreuses révoltes des insulaires, exaspérés par ses exactions. Il préféra abandonner la partie, non sans avoir vendu quelques îles à l’infant Don Henri du Portugal.
En 1430 commence une guerre acharnée entre les Espagnols et les Portugais pour la possession des îles. Elle se termine en 1479 par le traité d’Alcaçovas, qui accorde les Canaries à l’Espagne et, au Portugal, le contrôle de la région côtière de l’Afrique occidentale. La colonisation est alors entreprise de façon méthodique, malgré la farouche résistance des Guanches armés seulement de javelots et de haches rudimentaires. Ils luttèrent un siècle durant pour préserver leur liberté.
Les conquérants ont appelé « Guanches » les habitants de Ténérife, nom qui s’est étendu ensuite à tous les indigènes de l’archipel (sens de Guanches : « fils de Ténérife »). C’étaient des Berbères venus ou amenés du continent. La preuve en est fournie par la découverte récente d’inscriptions alphabétiques en caractères libyques, qui ont été rattachées aux écritures libyco-berbères sahariennes. La langue canarienne s’est éteinte depuis le début du XVIIème siècle, alors que les tifinagh actuels sont encore utilisés par les Touaregs du Sahara.
Les Guanches ignoraient tout de la navigation ; pendant de longs siècles, ils sont restés isolés dans leurs îles, incapables même de joindre l’île voisine pourtant très proche. Comment sont-ils parvenus dans l’archipel ? Plusieurs hypothèses ont été avancées. Les Carthaginois avaient l’habitude d’installer de force dans leurs colonies des Berbères originaires du Sahara ou de l’Atlas. Ces colons forcés, ignorant la navigation, ne pouvaient repartir par mer. C’est ce qui serait arrivé aux Guanches des Canaries. D’après une autre hypothèse, c’est le sénat romain qui aurait déporté des tribus sahariennes, qui s’étaient révoltées contre son autorité. On suppose aussi que des Berbères, au cours d’un voyage, auraient été assaillis par une violente tempête et que leurs navires auraient dérivé. Ils firent aux dieux le serment de ne plus s’aventurer en mer, s’ils s’en tiraient sains et saufs. Ils abordèrent aux îles Canaries, respectèrent leur engagement, comme le firent les générations suivantes.
Les Guanches construisaient des pyramides dont l’architecture fait penser aux pyramides de Saqqarah en Egypte et à certaines pyramides mayas du Mexique. Comme dans l’Egypte ancienne, ils embaumaient leurs morts.
L’archipel des Canaries peut être considéré comme le banc d’essai du colonialisme, qui devait renouveler ses crimes sur une très vaste échelle spatiale et temporelle. Décimé lors de la conquête, le peuple guanche fut la proie des marchands d’esclaves européens, il subit l’assimilation, avec perte de sa langue et de sa culture, l’émigration volontaire ou forcée en Amérique pour travailler la terre, fonder ou peupler des villes, et l’émigration de la misère.
Bibliographie
A. Gaudio, Les îles Canaries, Paris, Karthala, 1995.
J. Onrubia-Pintado, Les îles Canaries, Encyclopédie berbère, XI, pp. 1731-1753.

Généalogie des pharaons libyens




Ces tableaux figurent dans l'ouvrage de Nicolas Grimal aux pages 388 et 390. Pour l'iconographie, elle est disponible dans les musées et sur le Net, à l'article "Pharaons libyens".

13 janvier 2012

Les pharaons libyens

        Origine du nom « berbère 
        Le mot grec « barbaros » désignait celui qui ne parlait pas le grec. Les Grecs appelaient « Barbares » les Romains et les Latins. Le nom latin « barbarus » emprunté au grec, signifiait « étranger à la civilisation gréco-romaine » et s’appliquait à tous les peuples, excepté les Grecs et les Romains. Barbarus a donné l’arabe « barbar », pluriel « beraber », qui a été emprunté par le français. Il désigne aujourd’hui les Berbérophones d’Afrique du nord et, dans un sens plus large, l’ensemble des populations du Maghreb.
Dans l’Antiquité, les Berbères, comme les Espagnols, les Germains, les Gaulois, etc. étaient appelés « barbares ». A l’époque historique, les Grecs les appelaient « Libues » (Libyens), qui vient de l’égyptien Lebu, comme nous allons le voir. Les Latins les nommaient « Afri » (Africains), et faisaient la distinction entre les Maures à l’ouest, les Numides au centre et à l’est, et les Gétules des Hauts- Plateaux.

 Les pharaons libyens
Les Egyptiens eurent très tôt des contacts tantôt pacifiques, tantôt hostiles avec leurs voisins de l’ouest, les Libues. Ils distinguaient en eux plusieurs ethnies, les « Tchéhénou », « Tchéménou », « Libou » et « Mechouech ». Les relations furent pacifiques aussi longtemps que ces peuples se contentèrent de leur territoire, sans menacer l’Egypte.
Dès l’époque archaïque (6000 env. - 3300 avant J.-C.) est attesté le nom des Tchéhénou, qu’on doit situer en Marmarique, à l’ouest du Delta. Jusque vers le milieu du IIème millénaire, ceux-ci n’inquiètent guère le Pharaon. On lance contre eux des expéditions pour ramener du butin et des prisonniers destinés à servir dans les armées. C’est le roi Aha (3125-3100) qui inaugure la longue série des guerres que mèneront ses successeurs contre les Nubiens, leurs voisins du sud, et les Libyens, leurs voisins de l’ouest.
A la VIème dynastie (2460-2200) est attestée la présence des Tchéménou, installés dans le désert libyque à la hauteur de la Nubie.
Vers 1400 apparaissent en Marmarique, à l’ouest du Delta, les Mechouech et les Libou. Attirés par les oasis et surtout le Delta, ils quittent leur territoire, avec campements et troupeaux, pour s’y établir. Ils livrent bétail et graisses comme tribut à Aménophis III (règne env. 1391- env. 1353), qui les cite nominativement parmi les peuples dangereux.
Entre 1294 et 1154, les pharaons Séthy Ier, Ramsès II, Mineptah et Ramsès III menèrent des guerres sans merci pour les refouler. Séthy Ier (1294-1279) eut à combattre les Libyens et les Peuples de la Mer (des pillards venus des îles et des côtes de la Méditerranée), qui tentaient un raid en terre d’Egypte. Mis en déroute, ils reviennent à la charge au temps de Ramsès III.
Sous le règne de Ramsès II, le vice-roi Sétaou mena l’offensive contre les Libyens de Marmarique en 1235. Le même pharaon doit faire face à des incursions libyennes, qui le contraignent à édifier une chaîne de forteresses pour contrôler les déplacements de ces remuants voisins.
Le successeur de Ramsès II, Mineptah, sauva l’Egypte d’un terrible danger : les Peuples de la Mer font irruption dans le Delta oriental tandis que les Libyens attaquent l’Egypte. Les deux armées font leur jonction. Le pharaon les taille en pièces (en 1207). Son fils Ramsès III dut combattre à deux reprises une nouvelle offensive de ces mêmes envahisseurs, dans le Delta occidental. Il remporte la victoire, intègre une partie des troupes ennemies dans l’armée égyptienne (en 1181). Une nouvelle vague déferlera six ans plus tard (en 1175). Ramsès III est de nouveau victorieux, il affecte les prisonniers comme mercenaires dans le Delta et le Fayoum. Entre ces deux guerres, les terribles Peuples de la Mer déferlent comme un raz-de-marée : la Syrie est submergée, l’empire hittite succombe. En Palestine, Ramsès III vainc ces envahisseurs sur terre et sur mer (en 1178). Il n’y aura plus de mention de nouvelles invasions, car les Libyens sont maintenant installés en Egypte.
Après leur défaite, en effet, ils sont emmenés en captivité avec femmes et enfants, et font souche dans le pays. Peu à peu se forment des communautés berbères constituées en partie par leurs descendants, en partie de colons venus plus ou moins pacifiquement par le Delta occidental. Dès le début du Xème siècle, les Libyens et leurs chefs représentent la force réelle, la force militaire dans l’Egypte décadente de la XXIème dynastie. Quand l’Etat sombre dans l’anarchie, leur chef suprême, Chéchonq l’Ancien, s’empare du pouvoir (vers 945). A partir de cette époque, l’Egypte est devenue littéralement libyenne : des gouverneurs libyens résident dans toutes les villes, même les grands prêtres de Thèbes et de Memphis sont libyens.
Chéchonq l’Ancien acquiert assez de puissance pour que l’un de ses fils devienne pharaon. Une quarantaine d’années plus tard, son petit-fils succéda à Psousennès II, fondant la XXIIème dynastie dite chéchonquide. Deux siècles durant, les Libyens donnèrent à l’Egypte ses rois et les grands prêtres d’Amon. Pendant quelques générations, le pays retrouva une puissance bien oubliée depuis Ramsès III avant d’être livré à « l’anarchie libyenne », qui dura une grande partie du VIIIème siècle. Vers 750, on dénombre quatre dynasties sans compter de nombreuses principautés libyennes. Les luttes pour le pouvoir aboutissent au triomphe d’un roi de Kouch (Nubie), Piankhy, qui conquiert l’Egypte en 730.
Bibliographie
N. Grimal, Histoire de l’Egypte ancienne, Paris, Fayard, 1988.
P.Vernus et J. Yoyotte, Dictionnaire des Pharaons, pp. 44, 89, 90, Paris, éd. Noésis, mai 1998.
A. Herman et H. Ranke, La civilisation égyptienne, Paris, Payot, 1983.

28 décembre 2011

Origine des Berbères

    Selon les spécialistes, anthropologues et préhistoriens, les Berbères sont originaires du Proche-Orient, d’où ils ont émigré vers le Maghreb, en un mouvement incessant, au cours d’une dizaine de millénaires. Les données linguistiques confirment celles de l’anthropologie. A ce sujet, dit Gabriel Camps, « il fallut attendre les progrès décisifs réalisés dans l’étude du sémitique ancien pour que M. Cohen proposât, en 1924, l’intégration du berbère dans une grande famille dite chamito-sémitique, qui comprend en outre l’égyptien (et le copte qui en est la forme moderne), le couchitique et le sémitique. Chacun de ces groupes linguistiques a son originalité, mais ils présentent entre eux de telles parentés que les différents spécialistes finirent par se rallier à la thèse de M. Cohen. Quoi qu’il en soit, la parenté constatée à l’intérieur du groupe chamito-sémitique entre le berbère, l’égyptien et le sémitique ne peut que confirmer les données anthropologiques qui militent elles aussi en faveur d’une très lointaine origine orientale des Berbères. » ( Encyclopédie berbère, I, p. 25)

Les Berbères sur la scène de l'Histoire


L’Histoire commence avec l’apparition de l’écriture. Les peuples de l’Afrique du nord ancienne (Numides et Maures) parlaient et écrivaient le libyque, que l’on connaît par des inscriptions ; par ailleurs, ils utilisaient comme langue officielle le punique, la langue de Carthage, et leur élite - la cour, les princes, l’aristocratie- connaissaient le grec. Malgré cela, ils n’ont laissé aucun texte concernant leur histoire, leurs religions, leurs modes de vie, etc. Ce sont des auteurs grecs et latins qui nous ont fait connaître les Numides, c’est grâce à eux aussi que nous connaissons l’histoire de Carthage, dont on ne possède aucun document écrit. Le territoire de Carthage, rappelons-le, occupait le nord de l’actuelle Tunisie.

Pourquoi les historiens grecs et romains se sont-ils intéressés aux Berbères ? Pour une raison très simple : en faisant le récit des guerres qui ont mis aux prises Rome et Carthage, ils en ont révélé les causes et les prétextes, mentionné les forces en présence, les différents théâtres des opérations, les peuples qui ont participé en tant qu’alliés de Rome ou de Carthage : Italiens, Espagnols, Africains. Au cours de la deuxième guerre (218-201), appelée guerre d’Hannibal, Massinissa et Syphax se sont retrouvés dans les camps opposés. C’est grâce à leur participation à un conflit qui ne les concernait pas que les Numides sont entrés dans l’histoire.

12 décembre 2011

Bibliographie minimale

Voici deux ouvrages essentiels et qui, de plus, sont disponibles.
Gabriel Camps, Les Berbères, mémoire et identité, Paris, Errance, 3e éd., 2002. Réédition Alger éditions Barzakh / France Actes-sud, collection de poche Babel, nov. 2007.
Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, Paris, Hachette, 8 volumes ; Réimpression, Osnabrück, 1972-1977 (épuisée). Disponibles en ligne et téléchargeables gratuitement : http://www.algérie-ancienne.com/livres/gsell/gsell.htm (1913-1928). L'oeuvre monumentale de ce savant, qui date de presque un siècle, demeure indispensable pour tous ceux qui s'intéressent au passé ancien de l'Afrique du nord, lecteurs cultivés, historiens, chercheurs. Dix de ses ouvrages, épuisés depuis longtemps, ont été mis en ligne sur le site « ALGERIE ANCIENNE » qui propose 225 ouvrages du XIVème au XXème à télécharger. L'auteur de ce site réalise un travail immense et d'une importance considérable.
Encyclopédie berbère, I (1984) à XXXII ( Edisud, puis Leuven, Peeters Publishers), en cours de parution. 
Table des matières de l'Histoire ancienne... de S. Gsell. 
TOME I Les conditions du développement historique. Les temps primitifs. La colonisation phénicienne et l'empire de Carthage.
TOME II L'Etat carthaginois.
TOME III Histoire militaire de Carthage.
TOME IV La civilisation carthaginoise.
TOME V Les royaumes indigènes. Organisation sociale, politique et économique
TOME VI Les royaumes indigènes. Vie matérielle, intellectuelle et morale.
TOME VII La République romaine et les rois indigènes.
TOME VIII Jules César et l'Afrique. Fin des royaumes indigènes.

4 décembre 2011

Monnaies de Syphax et de son fils Verminad

J. Mazard, Corpus nummorum Numidiae Mauretaniaeque, Paris, Arts et métiers graphiques, 1955



2 décembre 2011

CHRONOLOGIE (1100 av. J.-C. – 25 av. J.-C.)

AVANT JESUS-CHRIST
 

1100-> Débuts de l’expansion phénicienne en Méditerranée occidentale
814->-> Date traditionnelle de la fondation de Carthage, colonie tyrienne, en Tunisie.
509 ->->Premier traité entre Rome et Carthage
384->-> Deuxième traité entre Rome et Carthage
289->-> Troisième traité entre Rome et Carthage
264-241 -> Première guerre entre Rome et Carthage (première guerre punique)
219->-> Début de la seconde guerre entre Rome et Carthage (deuxième guerre punique ou
guerre d’Hannibal)
205->-> Syphax, roi des Masaesyles (Numides de l’ouest), chasse Massinissa de son royaume, la
Massylie (Numidie de l’est)
204->-> Publius Cornelius Scipion (plus tard surnommé l’Africain) porte la guerre en Afrique ;
Massinissa rejoint ses rangs
203->-> Défaite des Carthaginois et de Syphax devant Scipion et Massinissa
203-202-> Massinissa reconquiert son royaume et entame la conquête de celui de Syphax
201->-> Traité de paix entre Rome et Carthage, réduite aux strictes limites de son territoire
africain (nord-est de la Tunisie)
200-193-> Massinissa achève la conquête des territoires masaesyles
193-152-> Série d’empiètements de Massinissa sur le territoire de Carthage, en dernier lieu
dans le bassin de la Medjerda
150->-> Réaction carthaginoise face à Massinissa et déclaration de guerre de Rome
149-146-> Troisième guerre entre Rome et Carthage (troisième guerre punique)
148->-> Mort de Massinissa à l’âge de quatre-vingt-dix ans
146->-> Prise et destruction de Carthage ; constitution de la première province romaine
d’Afrique (nord-est de la Tunisie)
118->-> Mort de Micipsa, fils de Massinissa, roi de Numidie
111->-> Début de la guerre menée par Rome contre Jugurtha, petit-fils de Massinissa
105->-> Trahi par son beau-père, Bocchus, roi de Maurétanie, Jugurtha est livré aux Romains ;
en Numidie, la succession revient à Gauda, demi-frère de Jugurtha
88->-> Mort de Gauda et règne de son fils Hiempsal II en Numidie
46->-> Victoire de Jules César à Thapsus (Ras Dimass) sur les partisans de Pompée et mort de
Juba Ier, roi de Numidie ; annexion du royaume numide, pour partie attribué au roi de
Maurétanie Bocchus II, pour partie accordé à un chef de guerre campanien, Sittius
33->-> Mort de Bocchus II
25->-> Juba II devient roi de Maurétanie

APRES JESUS-CHRIST

17-> Révolte de Tacfarinas
24-> Mort de Juba II ; son fils Ptolémée lui succède en Maurétanie
39-> L’empereur Caligula fait assassiner Ptolémée, le royaume est bientôt divisé en Maurétanie
Tingitane et en Maurétanie Césarienne. Fin des royaumes berbères.

Serge Lancel, L’Algérie antique de Massinissa à Saint-Augustin,
Paris, éditions Mengès, 2009 (avec quelques ajouts explicatifs)



14 octobre 2011

La Berbérie antique au commencement de l'histoire

La carte ci-dessous représente les trois royaumes berbères connus au IIIème siècle avant Jésus-Christ : voisins de Carthage, les Numides de l'est (Massyles), puis les Numides de l'ouest (Masaesyles), et à l'ouest, le royaume des Maures. La ville de Cirta se trouve en territoire masaesyle.

28 septembre 2011

Massinissa Le Grand

Monnaies rares à l'effigie de Massinissa

"Ces monnaies sont d’une extrême importance : elles donnent le portrait du souverain et la légende en caractères puniques « MSNSN HMMLKT » « Masinissan, chef de l'Etat ou possesseur du royaume ».

J. Mazard, Corpus nummorum Numidiæ Mauretaniæque, n° 17 et 18, p. 30, Paris, Arts et Métiers graphiques, 1955.

Monnaie 17
Au revers légende incomplète M S N S N … (Massinissan).
Monnaie unique, en bronze, découverte en 1890 et déposée au musée de Constantine.





Monnaie 18
Au revers légende partiellement déchiffrable H M M L K T.
Un exemplaire déposé au cabinet des médailles, 561, Bibliothèque nationale, rue Richelieu, Paris.





Massinissa à l’aube de l’Histoire


Voici quelques éléments sur Massinissa et les siens.

Il porte un nom libyque MSNSN qui signifierait « leur maître ». Né en 238 avant J.-C. de Gaïa, roi des Massyles (Berbères de l’Est) et d’une mère prophétesse, au nom inconnu.

Le royaume de Gaïa, de dimensions modestes, s’étendait entre le territoire de Carthage (nord de la Tunisie) et le cap Bougaroun dans la presqu’île de Collo.

Gaïa avait un frère, Oezalcès, qui devait lui succéder ; le nom de son père, Zilalsan, est connu par la célèbre inscription bilingue du temple de Massinissa à Dougga : il ne fut pas roi mais suffète, fonction d’origine punique : A Carthage, les deux suffètes étaient de hauts magistrats désignés pour une année.

Le roi berbère Ailymas n’est connu que par deux phrases de Diodore de Sicile (XX, 17,1 et 18, 3). La première : « Agathocle conclut une alliance avec un puissant chef indigène, Ailymas... », la deuxième : « Il [Agathocle] vainquit encore Ailymas, qui avait rompu avec lui : ce prince fut tué ainsi que beaucoup de ceux qu’il commandait.»

Agathocle, tyran de Syracuse, avait abordé en Afrique pour attaquer Carthage, au mois d’août 310 av. J.-C. Ailymas fut sans doute un ancêtre de Massinissa, mais on n’en a aucune preuve.

Récapitulons : Ailymas, sans doute premier ancêtre connu de Massinissa ( ?) ; seconde génération : roi inconnu et Zilalsan ; troisième génération, Gaïa et Oezalcès ; quatrième génération, à laquelle nous nous arrêtons, Massinissa et ses cousins Capussa et Lacumazès, fils d’Oezalcès. Ce sont les seuls noms transmis par les textes anciens.

Jeunesse de Massinissa

C’est en 213 av. J.-C. qu’il apparaît sur la scène de l’histoire. Il est âgé de 25 ans. Qu’a-t-il fait auparavant ? Les sources sont muettes à ce sujet, sauf Appien d’Alexandrie :

« Quant au vaillant peuple des Massyles, leur roi avait un fils Massinissa, qui avait été élevé et éduqué à Carthage. Comme il joignait à la beauté du corps la noblesse des manières, Asdrubal, fils de Giscon auquel personne à Carthage ne disputait le premier rang, lui promit la main de sa fille [Sophonisbe] bien qu’il fût numide et lui-même Carthaginois. Sitôt les fiançailles, il emmena le jeune homme en Ibérie (Espagne), où il exerçait le commandement »


(Appien, Le livre africain, X, 37 et 39, trad. Paul Goukowsky).

Jugurtha un Berbère contre Rome

 

Qui ne connaît le nom de Jugurtha (vers 155-104 av. J.C.), symbole de la résistance à l’invasion étrangère ? Cette figure légendaire a inspiré au collégien Arthur Rimbaud  un poème en latin, qui remporta le prix du concours organisé par l’Académie de Douai (2 juillet 1869), à Jean Amrouche son célèbre essai L’Eternel Jugurtha. Habib Bourguiba aimait dire qu’il était  un Jugurtha, mais un Jugurtha qui a réussi. Léopold Sedar Senghor chante le vaillant guerrier «  à la vision puissante d’une Numidie bien numide » (Elégie de Carthage, IV). Mais qu’en est-il du Jugurtha réel, du personnage historique ? Il n’a fait l’objet d’aucune publication, ni d’un enseignement pour grand public ; il reste donc très mal connu, un « héros sans visage », selon l’heureuse expression de Serge Lancel.

  Et pourtant, quel destin hors du commun que celui de Jugurtha ! Enfant naturel du prince Mastanabal, il était voué à une existence obscure. Mais, poussé par une ambition ardente, homme d’audace et de ressources, il réussit à se hisser au sommet du pouvoir. Roi de la Numidie, il osa défier la puissance romaine, et tint en échec, des années durant, les légions envoyées pour le vaincre et le capturer. Malgré son écrasante supériorité politique et militaire, Rome fut obligée de recourir à l’arme de la trahison pour mettre fin au « cauchemar numide ».

Pour révéler au grand public le roi numide dans sa dimension historique, Haouaria Kadra-Hadjadji, universitaire algérienne, nous propose sa première biographie, établie à partir des sources anciennes (l’historien romain Salluste essentiellement, ainsi que d’autres auteurs, latins et grecs).

23 septembre 2011

Correspondance des noms antiques et modernes

Acholla ->->->Henchir Botria
Ammaedara -> Haïdra
Ampsaga (fl.) -> Rhummel, oued el Kébir
Bagradas (fl.)-> Medjerda
Bulla Regia -> -> Hammam Derradji
Calama ->-> Guelma
Capsa-> -> Gafsa
Cartennae -> -> Ténès
Carthago (Karthago) -> Carthage
Carthago Nova -> ->Carthagène
Cercina (îles) -> -> Kerkenna
Chullu -> -> -> Collo
Cirta -> ->-> Constantine
Clupea -> -> Kelibia
Gadès -> -> Cadix
Gunugu->-> Gouraya
Hadrumète->-> Sousse
Hippo Diarrythus-> Bizerte
Hippo Regius-> Annaba
Icosium->->-> Alger
Igilgili->->-> Jijel
Iol, Caesarea-> Cherchel
Lares->->->Henchir Lorbeus
Leptiminus-> Lemta
Leptis Magna-> Lebda
Lixus->->-> Larache
Madauros-> Mdaourouch
Maktaris->->Mactar
Muluccha(fl.)-> Moulouya
Muthul (fl.)->-> Oued Mellègue
Neapolis->-> Nabeul
Oea->->-> Tripoli
Portus Magnus-> Bethioua ( ex Saint-Leu )
Puerorum Castra (?)-> Les Andalouses

Rusaddir->->->->-> Melilla
Rusicade->->-> Skikda

Sala->->->-> Salé
Saldas ou Saldae-> Bejaïa
Sicca->->-> Le Kef
Siga->->-> Takembrit
Simitthu->-> Chemtou
Sitifis->->-> Sétif
Sufetula->-> Sbeïtla
Tacape->-> Gabès
Tanaïs (fl.)-> Oued Derb
Taparura->-> Sfax
Thabraca->-> Tabarka
Thaenae->-> Thina
Thapsus->-> Ras Dimass
Theveste->-> Tébessa
Thimida->-> Kouchbatia
Thisiduum-> Krich el oued
Thugga->-> Dougga
Thysdrus-> El Djem
Tingis->-> Tanger
Tunes->-> Tunis
Utica->-> Utique
Vaga->-> Béja
Zama->-> Jama


15 septembre 2011

C'est la rentrée pour ce blog

Après des mois de silence, ce blog va reprendre vie et remplir son rôle : permettre des échanges fructueux sur l'histoire de la Berbérie antique ; des textes et des photos vous seront proposés et vous pourrez donner votre avis. Vous trouverez une nouvelle carte de la Berbérie et une liste de correspondance des noms antiques-noms modernes. J'attends vos suggestions et vos questions (brèves) sur cette période historique, et je vous répondrai.

A bientôt

H. Kadra-Hadjadji

4 novembre 2009

Publications

2006 : L’arabe moderne par les textes littéraires avec H. Hadjadji, 2ème éd Paris, Albouraq (un manuel + un corrigé des exercices) 2005 : Jugurtha, un Berbère contre Rome , Paris, Arléa. Alger, Casbah Editions, 2007. 1989 : Oumelkheir , roman, éd. ENAL ALGER L’arabe moderne à travers les textes littéraires , avec H. Hadjadji, éd. ENAL, ALGER Directrice de la collection Les classiques du monde Jean SENAC (1989) Isabelle EBERHARDT (1985) Les mots migrateurs , anthologie de la jeune poésie algérienne (1984) KATEB Yacine (1983) Mouloud FERAOUN (1982) Mouloud MAMMERI (1982) 1986 : Contestation et révolte dans l’œuvre de Driss Chraïbi , éd. Publisud (Paris) –ENAL (Alger) L’Arabe technique , avec H. Hadjadji, éd. Publisud/Paris-OPU/Alger ; OPU/Alger, 2ème éd.1988 Méthode d’arabe moderne avec H. Hadjadji, éd. F. Nathan/Paris OPU/Alger 2ème éd. OPU-ENAL, Alger (1984), 3ème éd. revue et corrigée,éd. Bachari Bachari Paris